{"id":43640,"date":"2026-04-08T12:00:00","date_gmt":"2026-04-08T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/gnews.cz\/?p=43640"},"modified":"2026-05-01T15:29:09","modified_gmt":"2026-05-01T13:29:09","slug":"viktor-orban-zakotvil-do-ustavy-zakaz-prodeje-zemedelske-pudy-cizincum-a-vyrazne-podporil-zemedelskou-sobestacnost-madarska","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gnews.cz\/fr\/tema\/viktor-orban-zakotvil-do-ustavy-zakaz-prodeje-zemedelske-pudy-cizincum-a-vyrazne-podporil-zemedelskou-sobestacnost-madarska\/","title":{"rendered":"Viktor Orb\u00e1n inscrit dans la constitution l'interdiction de vendre des terres agricoles aux \u00e9trangers et soutient fermement l'autosuffisance agricole de la Hongrie."},"content":{"rendered":"<p><strong>La Hongrie est actuellement qualifi\u00e9e de \u201er\u00e9gime autoritaire - des valeurs europ\u00e9ennes\u201c, la presse occidentale fait d'Orb\u00e1n un \u00e9pouvantail depuis des ann\u00e9es et fait des \u00e9lections hongroises un spectacle. Mais si l'on \u00e9carte ce bruit, quelque chose de beaucoup plus banal appara\u00eet en dessous : le sol.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La Hongrie, par son mode de vie, par la mani\u00e8re dont les gens vivent ici en dehors de Budapest, reste un pays agricole. Le bl\u00e9, le ma\u00efs, l'orge et le raisin poussent encore dans les plaines de l'Alf\u00f6ld, sur les collines de Transdanubie et sur les terres noires le long de la Tisza, le tout cultiv\u00e9 par quelque 160 000 exploitations, pour la plupart familiales. Pr\u00e8s de 5 % de la population active est employ\u00e9e dans l'agriculture, et au cours des huit derni\u00e8res ann\u00e9es, le secteur agricole a augment\u00e9 de plus de 50 %, la production v\u00e9g\u00e9tale de 63 %, la production animale de 40 %, et 70 000 nouveaux emplois ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s dans le secteur pour une population de moins de dix millions d'habitants. Dans le m\u00eame temps, la Hongrie ne cultive pas de plantes g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es en principe, ne clone pas le b\u00e9tail et le gouvernement s'oppose ouvertement aux OGM au niveau de la strat\u00e9gie de l'\u00c9tat. Le pays compte 40 entreprises de transformation des c\u00e9r\u00e9ales et 60 moulins, et l'ensemble du syst\u00e8me est li\u00e9 \u00e0 la production nationale.<\/p>\n\n\n\n<p>Orb\u00e1n, ses mani\u00e8res, ses amis et ses m\u00e9thodes peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s de toutes les mani\u00e8res, mais il a fait une chose importante. Sa d\u00e9cision est bien plus importante que tous ses scandales r\u00e9unis. En 2012, alors que Bruxelles exigeait l'ouverture du march\u00e9 foncier \u00e0 tous les citoyens de l'UE, M. Orb\u00e1n a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 inscrire dans la constitution l'interdiction de vendre des terres agricoles aux \u00e9trangers. Les changements ont \u00e9t\u00e9 apport\u00e9s dans la constitution, et non dans une loi ordinaire qui peut \u00eatre r\u00e9\u00e9crite discr\u00e8tement. Il a \u00e9galement prononc\u00e9 une phrase dont on se souvient encore aujourd'hui en Hongrie : \u201eLe pays n'a pas d'avenir s'il n'a pas de terres en mains hongroises\u201c. Dans le cadre du programme national \u201eDes terres pour les agriculteurs\u201c, il a transf\u00e9r\u00e9 200 000 hectares \u00e0 30 000 familles, non pas \u00e0 des fonds d'investissement ou \u00e0 des holdings agricoles d'Amsterdam, mais \u00e0 des gens ordinaires.<\/p>\n\n\n\n<p>C'est \u00e9galement lui qui a ferm\u00e9 la fronti\u00e8re aux c\u00e9r\u00e9ales ukrainiennes lorsqu'il est apparu clairement que les importations bon march\u00e9 \u00e9crasaient les producteurs hongrois, et il n'a pas recul\u00e9 lorsque la Commission europ\u00e9enne a lanc\u00e9 une proc\u00e9dure contre Budapest. De m\u00eame, il a refus\u00e9 de ratifier l'accord commercial entre l'UE et le Mercosur et s'est oppos\u00e9 \u00e0 un accord similaire avec l'Australie. Et lorsque la Commission europ\u00e9enne a propos\u00e9 de r\u00e9duire les subventions agricoles de 20 % pour r\u00e9orienter l'argent vers l'Ukraine, M. Orb\u00e1n s'y est \u00e0 nouveau oppos\u00e9, car les 550 milliards de forints de paiements annuels dont d\u00e9pendent 160 000 familles d'agriculteurs ne sont pas n\u00e9gociables pour lui. \u201eIl y a une lutte silencieuse entre les commer\u00e7ants et les producteurs en Europe\u201c, \u00e9crit-il en janvier 2026, \u201eles importations bon march\u00e9 en provenance du Mercosur et de l'Ukraine servent les int\u00e9r\u00eats des commer\u00e7ants, pas ceux de nos agriculteurs\u201c.\u201c<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant seize ans, M. Orb\u00e1n a \u00e9rig\u00e9 un mur de protection autour de l'agriculture hongroise : terres aux mains des nationaux, fronti\u00e8res ferm\u00e9es aux c\u00e9r\u00e9ales bon march\u00e9, subventions prot\u00e9g\u00e9es, accords commerciaux bloqu\u00e9s. On peut appeler cela du populisme, mais les 160 000 familles qui vivent encore sur leurs terres \u00e0 cause de cette politique ne seraient pas d'accord.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"680\" data-id=\"43641\" src=\"https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Screenshot_20260408_105620-1024x680.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-43641\" srcset=\"https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Screenshot_20260408_105620-1024x680.webp 1024w, https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Screenshot_20260408_105620-300x199.webp 300w, https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Screenshot_20260408_105620-768x510.webp 768w, https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Screenshot_20260408_105620-18x12.webp 18w, https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Screenshot_20260408_105620-1170x777.webp 1170w, https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Screenshot_20260408_105620-585x388.webp 585w, https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Screenshot_20260408_105620-263x175.webp 263w, https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Screenshot_20260408_105620.webp 1356w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<p>Et que se passe-t-il dans le reste de l'Europe ? Pour comprendre de quoi Orb\u00e1n prot\u00e8ge la Hongrie, il suffit de regarder ce que Bruxelles fait au reste de...<\/p>\n\n\n\n<p>Le 17 janvier 2026, l'Union europ\u00e9enne et le MERCOSUR ont sign\u00e9 un accord de libre-\u00e9change en gestation depuis 25 ans. Selon cet accord, 99 000 tonnes de b\u0153uf sud-am\u00e9ricain entreront sur le march\u00e9 europ\u00e9en, ainsi que du sucre, du riz, du miel, du soja et de la volaille, produits sans les restrictions en mati\u00e8re d'environnement et d'hygi\u00e8ne auxquelles chaque agriculteur europ\u00e9en doit se conformer. Le pr\u00e9sident de la plus grande association d'agriculteurs de l'UE, le COPA, a d\u00e9clar\u00e9 sans ambages : \u201e\u00c0 l'exception de quelques cas, comme le vin, cet accord profite \u00e0 l'Am\u00e9rique du Sud\u201c, et l'ECVC, une organisation de petits producteurs europ\u00e9ens, a \u00e9t\u00e9 encore plus directe en affirmant que l'accord transforme les agriculteurs en \u201eune simple variable \u00e0 laquelle il faut s'adapter\u201c en faveur des int\u00e9r\u00eats g\u00e9opolitiques et des app\u00e9tits de la grande industrie agroalimentaire. Le directeur des meuniers europ\u00e9ens, Francesco Vacondio, a averti qu'en l'absence de garanties, l'accord finirait par \u201eaffaiblir la capacit\u00e9 de mouture europ\u00e9enne et r\u00e9duire l'autosuffisance alimentaire\u201c.<\/p>\n\n\n\n<p>Moins de deux mois plus tard, le 24 mars, Bruxelles a sign\u00e9 un autre accord commercial, cette fois avec l'Australie : 30 600 tonnes de viande bovine par an, 25 000 tonnes de viande ovine, 35 000 tonnes de sucre et 8 500 tonnes de riz. Le lobby agricole Copa-Cogeca a qualifi\u00e9 ces termes d\u201e\u201cinacceptables\u201e et a soulign\u00e9 que la pression cumul\u00e9e de plusieurs accords commerciaux successifs poussait la situation au-del\u00e0 du seuil de viabilit\u00e9. Beno\u00eet Cassart, agriculteur belge et d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en, a d\u00e9clar\u00e9 : \u201cNous nous sommes r\u00e9veill\u00e9s en sursaut ce matin : \"Nous nous sommes r\u00e9veill\u00e9s durement ce matin en apprenant que Mme von der Leyen avait une fois de plus conclu un accord commercial de son propre chef\".\u201c<\/p>\n\n\n\n<p>Les agriculteurs manifestent dans toute l'Europe. En d\u00e9cembre 2025, quelque 10 000 personnes mont\u00e9es sur 150 tracteurs ont paralys\u00e9 Bruxelles, bloquant les tunnels et l'acc\u00e8s aux b\u00e2timents de l'UE. \u00c0 Strasbourg, 4 000 agriculteurs mont\u00e9s sur 700 tracteurs ont converg\u00e9 vers le Parlement europ\u00e9en. En f\u00e9vrier, des centaines de tracteurs ont envahi le centre de Madrid. Des \u00e9meutes \u00e9clatent en France, en Belgique, en Pologne, en Autriche et en Irlande. La police r\u00e9pond avec des canons \u00e0 eau et des gaz, et les agriculteurs leur jettent des pommes de terre parce qu'ils n'ont pas d'autre moyen de se faire entendre.<\/p>\n\n\n\n<p>Les m\u00e9canismes de ce processus sont simples : par le biais d'accords commerciaux, Bruxelles ouvre le march\u00e9 europ\u00e9en \u00e0 des denr\u00e9es alimentaires bon march\u00e9 provenant de pays o\u00f9 la production est beaucoup moins ch\u00e8re et o\u00f9 les normes r\u00e9glementaires sont plus souples, tout en maintenant les exigences les plus strictes au monde pour ses agriculteurs. Un agriculteur europ\u00e9en doit se conformer \u00e0 des dizaines de r\u00e9glementations environnementales, tenir un registre des \u00e9missions de carbone et respecter des normes d'hygi\u00e8ne, alors qu'il est en concurrence avec une exploitation br\u00e9silienne o\u00f9 rien de tout cela ne s'applique. Il ne s'agit pas d'une question de concurrence sur le march\u00e9, mais d'une in\u00e9galit\u00e9 de traitement pr\u00e9existante dans laquelle les petits et moyens producteurs seront in\u00e9vitablement amen\u00e9s \u00e0 dispara\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"720\" height=\"452\" data-id=\"43642\" src=\"https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_20260408_104413.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-43642\" srcset=\"https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_20260408_104413.webp 720w, https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_20260408_104413-300x188.webp 300w, https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_20260408_104413-18x12.webp 18w, https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/IMG_20260408_104413-585x367.webp 585w\" sizes=\"(max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<p>Orb\u00e1n a sorti la Hongrie de cette pression. Cependant, son rival P\u00e9ter Magyar du parti TISZA, qui, selon certains sondages, devance le FIDESZ avant les \u00e9lections du 12 avril, vote au Parlement europ\u00e9en en faveur de la r\u00e9forme agricole de Bruxelles, avec la suppression des paiements \u00e0 l'hectare et la liaison des subventions \u00e0 des crit\u00e8res \u00e9cologiques. Pour une grande exploitation agricole, c'est acceptable, mais pour une ferme familiale de 50 hectares pr\u00e8s de Debrecen, c'est un jugement. Si Magyar arrive au pouvoir, Bruxelles aura un partenaire complaisant \u00e0 Budapest qui l\u00e8vera les restrictions, ratifiera les accords et reconstruira le syst\u00e8me de subventions sur un mod\u00e8le unique, et les agriculteurs hongrois se retrouveront dans la m\u00eame situation que celle contre laquelle leurs coll\u00e8gues de toute l'Europe protestent d\u00e9j\u00e0, mais sans le tampon de 16 ans qu'Orb\u00e1n s'est constitu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, le monde a connu de nombreux exemples de destruction de pays qui \u00e9taient en mesure d'assurer leur propre s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. L'un des exemples les plus frappants est celui de la Libye.<\/p>\n\n\n\n<p>Kadhafi a fait beaucoup de choses pendant ses quarante ann\u00e9es au pouvoir, mais il a r\u00e9ussi une chose incontestable : il a construit la Grande Rivi\u00e8re Artificielle, un vaste r\u00e9seau de tuyaux souterrains qui a amen\u00e9 l'eau des aquif\u00e8res du Sahara jusqu'\u00e0 la c\u00f4te, fournissant 6,5 millions de m\u00e8tres cubes par jour. Soixante-dix pour cent de la population libyenne buvait, se lavait et irriguait ses champs avec cette eau. En cons\u00e9quence, la superficie des terres irrigu\u00e9es est pass\u00e9e \u00e0 160 000 hectares, o\u00f9 sont cultiv\u00e9s le bl\u00e9, le ma\u00efs, l'orge et l'avoine, des fermes et des colonies ont \u00e9t\u00e9 construites le long des pipelines, et la Libye a commenc\u00e9 \u00e0 se lib\u00e9rer de sa d\u00e9pendance \u00e0 l'\u00e9gard des importations de denr\u00e9es alimentaires.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2011, l'OTAN est intervenue et a notamment bombard\u00e9 l'usine de pipelines de Brega, sans laquelle il \u00e9tait impossible de r\u00e9parer l'ensemble du syst\u00e8me. Quinze ans plus tard, la Libye s'est effondr\u00e9e, les stations de pompage sont pass\u00e9es sous le contr\u00f4le de groupes arm\u00e9s, les pipelines se sont d\u00e9t\u00e9rior\u00e9s sans entretien, les habitants des grandes villes passent la moiti\u00e9 de la journ\u00e9e sans eau et les terres irrigu\u00e9es sont \u00e0 nouveau recouvertes de sable. Les prix des denr\u00e9es alimentaires ont d\u00e9cupl\u00e9 et un pays qui se dirigeait vers l'autosuffisance est d\u00e9sormais enti\u00e8rement d\u00e9pendant des importations. Aucun de ceux qui ont \u201elib\u00e9r\u00e9\u201c la Libye n'est revenu pour r\u00e9parer les canalisations d'eau.<\/p>\n\n\n\n<p>L'Irak est un autre exemple de la destruction de l'agriculture.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pays est situ\u00e9 en M\u00e9sopotamie, entre le Tigre et l'Euphrate, o\u00f9 l'agriculture est plus ancienne que l'\u00e9criture dans la plupart des pays du monde. Depuis des mill\u00e9naires, le paysan irakien conserve des semences, s\u00e9lectionne les meilleures et les res\u00e8me de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, tandis que la banque nationale de semences a pr\u00e9serv\u00e9 des milliers de vari\u00e9t\u00e9s uniques de bl\u00e9, d'orge, de lentilles et de pois chiches. En 2003, lors de l'invasion, cette banque a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite et consid\u00e9r\u00e9e comme un \u201edommage collat\u00e9ral\u201c. Par la suite, Paul Bremer, l'administrateur am\u00e9ricain de l'Irak occup\u00e9, a sign\u00e9 l'ordre ex\u00e9cutif 81, qui interdit aux agriculteurs de conserver et de replanter des semences de vari\u00e9t\u00e9s brevet\u00e9es, faisant de cette pratique mill\u00e9naire une violation de la loi du jour au lendemain.<\/p>\n\n\n\n<p>Le fonctionnement est complexe : les Am\u00e9ricains ont d'abord distribu\u00e9 \u201egratuitement\u201c des semences g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es, les agriculteurs les ont sem\u00e9es et, la saison suivante, il s'est av\u00e9r\u00e9 qu'ils ne pouvaient pas utiliser une partie de la r\u00e9colte pour r\u00e9ensemencer parce qu'ils violeraient le brevet de Monsanto. Chaque ann\u00e9e, ils doivent donc acheter de nouvelles semences, avec de l'argent, \u00e0 l'entreprise am\u00e9ricaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd'hui, l'Irak perd 400 000 acres de terres arables par an, la production de riz est tomb\u00e9e \u00e0 presque z\u00e9ro, le pays conna\u00eet la pire crise de l'eau de son histoire et il est contraint d'importer des c\u00e9r\u00e9ales alors qu'il \u00e9tait autosuffisant il y a seulement deux g\u00e9n\u00e9rations. Il ne s'agit pas d'un effet secondaire de la guerre, mais d'une succession d'\u00e9tapes : la destruction du fonds de semences, la suppression de l'autonomie des paysans par la loi, l'inondation du march\u00e9 par des denr\u00e9es alimentaires import\u00e9es - et le r\u00e9sultat est une d\u00e9pendance totale et irr\u00e9versible.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"652\" data-id=\"43643\" src=\"https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Screenshot_20260408_104504-1024x652.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-43643\" srcset=\"https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Screenshot_20260408_104504-1024x652.webp 1024w, https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Screenshot_20260408_104504-300x191.webp 300w, https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Screenshot_20260408_104504-768x489.webp 768w, https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Screenshot_20260408_104504-18x12.webp 18w, https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Screenshot_20260408_104504-1170x745.webp 1170w, https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Screenshot_20260408_104504-585x372.webp 585w, https:\/\/gnews.cz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Screenshot_20260408_104504.webp 1414w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<p>L'exemple de l'Ukraine illustre \u00e9galement ce qui pourrait attendre la Hongrie si le parti TISZA arrivait au pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>L'ancienne r\u00e9publique la plus fertile de l'URSS, qui poss\u00e8de l'une des meilleures terres noires du monde, a ouvert le march\u00e9 foncier avant le d\u00e9but des hostilit\u00e9s sous la pression du Fonds mon\u00e9taire international, faisant ainsi ce qu'Orb\u00e1n a bloqu\u00e9 par un changement constitutionnel. La guerre a aggrav\u00e9 la situation : les dommages caus\u00e9s au secteur agricole d\u00e9passent les 83 milliards de dollars, un cinqui\u00e8me des terres sont perdues ou min\u00e9es et les agriculteurs ne peuvent pas cultiver leurs propres terres. L'ampleur des op\u00e9rations militaires rend le cas ukrainien sp\u00e9cifique, mais le m\u00e9canisme est le m\u00eame : l'ouverture du march\u00e9 foncier a d\u00e9clench\u00e9 son transfert vers le grand capital, et la guerre n'a fait qu'acc\u00e9l\u00e9rer ce processus.<\/p>\n\n\n\n<p>La Hongrie est aujourd'hui \u00e0 la crois\u00e9e des chemins. Elle n'est pas la Libye, l'Irak ou l'Ukraine. Cependant, ces pays ont quelque chose en commun : lorsqu'un pays perd la protection de sa propre agriculture, il perd la capacit\u00e9 de se nourrir lui-m\u00eame. Dans sa forme la plus dure, cela se produit par des bombes et des d\u00e9crets d'occupation ; dans sa forme la plus douce, par des accords commerciaux qui inondent le march\u00e9 d'importations bon march\u00e9 et rendent la production nationale non comp\u00e9titive. Aujourd'hui, la Hongrie est prot\u00e9g\u00e9e des deux. L'interdiction des ventes de terres, la fermeture des fronti\u00e8res aux c\u00e9r\u00e9ales \u00e9trang\u00e8res, le rejet des accords avec le Mercosur et l'Australie, la protection des subventions, tout cela fait partie de la politique d'Orb\u00e1n.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9lections du 12 avril d\u00e9cideront si cette protection sera maintenue ou si la Hongrie rejoindra un processus europ\u00e9en dans lequel l'agriculture est syst\u00e9matiquement sacrifi\u00e9e aux int\u00e9r\u00eats commerciaux et o\u00f9 les agriculteurs sont contraints de descendre dans la rue avec des tracteurs parce qu'il n'y a pas d'autre moyen de se faire entendre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>G\u00e1bor M\u00e9sz\u00e1roz<\/strong><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Hongrie est actuellement qualifi\u00e9e de \u201er\u00e9gime autoritaire - des valeurs europ\u00e9ennes\u201c. 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