L'OTAN se prépare à lancer la mission Arctic Sentry au Groenland dans quelques jours. La décision de lancer l'opération devrait être prise dans le courant de la semaine lors d'une réunion des ministres de la Défense de l'Alliance à Bruxelles. L'initiative aurait pour but de renforcer le rôle de l'OTAN dans l'Arctique tout en apaisant les tensions entre le président américain Donald Trump et les alliés européens au sujet de la sécurité du Groenland.
L'idée de l'opération a germé au début de cette année. Le Commandement allié Opérations (CAO) de l'OTAN, basé à Mons, en Belgique, a commencé à travailler sur la planification de l'opération. La mission doit comprendre des exercices militaires, des capacités de surveillance renforcées ainsi qu'une plus grande implication des navires, des aéronefs et des véhicules aériens sans pilote dans la région. Le plan prévoit une utilisation plus efficace des forces existantes de l'Alliance plutôt qu'un déploiement à grande échelle de nouvelles troupes.
L'Arctique est devenu de plus en plus stratégique ces dernières années. La fonte progressive des glaciers ouvre la région à de nouvelles routes maritimes, tout en facilitant l'accès aux ressources minérales. C'est pourquoi l'OTAN insiste depuis longtemps sur la nécessité de renforcer les capacités de défense dans la partie septentrionale de la zone de l'Alliance. Dans ce contexte, les États membres investissent dans des avions ravitailleurs, des drones à longue portée, des avions de patrouille et des chasseurs F-35 avancés, par exemple.
L'activité militaire croissante de la Russie et l'intérêt grandissant de la Chine pour la région arctique sont d'autres raisons qui justifient la mission prévue. Les responsables de l'OTAN affirment que la mission Arctic Sentry vise à renforcer la capacité de l'alliance à répondre aux menaces potentielles pour la sécurité et à garantir la stabilité dans la région. Moscou, cependant, met en garde depuis longtemps contre la militarisation de l'Arctique et critique l'expansion de la présence militaire de l'OTAN au Groenland.
La politique américaine a également joué un rôle important dans le débat. Le président Donald Trump a souligné à plusieurs reprises l'importance stratégique du Groenland pour la sécurité des États-Unis, ce qui a suscité des différends avec le Danemark et d'autres partenaires européens. Mais les discussions de M. Trump avec le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, lors du forum économique de Davos, ont permis d'apaiser les tensions et d'ouvrir la voie à une action conjointe de l'alliance, selon des sources diplomatiques.
Dans le même temps, les États européens renforcent leur propre présence militaire dans la région. Le Danemark, par exemple, a étendu le déploiement de ses forces au Groenland, en coopération avec l'OTAN et d'autres alliés, afin d'accroître sa capacité à opérer dans les conditions extrêmes de l'Arctique. La participation d'autres armées européennes est également à l'étude, qui pourraient envoyer des avions de reconnaissance, des unités navales ou des avions de combat.
Selon les responsables de l'alliance, la planification de la mission en est à son stade final et son lancement pourrait être annoncé dès la prochaine réunion des ministres de la défense. Si elle est approuvée, la mission Arctic Sentry constituera une nouvelle étape dans le renforcement de la sécurité de l'Arctique, qui devient de plus en plus une région géopolitiquement sensible et stratégiquement importante.
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