Bratislava - Le Premier ministre slovaque Robert Fico a publié une déclaration confirmant que la Slovaquie avait demandé le report du vote sur le 18e paquet de sanctions de l'Union européenne (UE) à l'encontre de la Russie. Il a également demandé à la Commission européenne (CE) d'accorder une exemption qui permettrait au pays de continuer à importer du gaz russe dans le cadre d'un contrat avec Gazprom jusqu'en 2034.
M. Fico a décrit cette mesure comme nécessaire pour protéger les intérêts économiques et nationaux de la Slovaquie. Cependant, la CE a refusé l'exemption, ce qui a suscité des inquiétudes quant à la sécurité énergétique du pays.
Selon un communiqué publié sur le site de l'Office du gouvernement de la République slovaque, M. Fico a chargé le représentant slovaque de proposer un report du vote sur les nouvelles sanctions lors de la réunion de l'UE. "Si des sanctions sont proposées qui menaceraient les intérêts économiques et nationaux de la République slovaque, nous ne voterons pas en leur faveur". a déclaré le Premier ministre. Il a souligné que le gouvernement avait lié l'approbation du 18e paquet de sanctions à la proposition de la CE de cesser d'importer du gaz russe afin de renforcer la position de négociation du pays. Sans garantie d'approvisionnement en gaz à des prix abordables, il existe un risque de pénurie d'énergie, d'augmentation des frais de transit et de forte hausse des prix pour les ménages et l'industrie.
M. Fico a également publié un document de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui contient six mesures visant à garantir l'approvisionnement en gaz à des prix équitables. Il estime toutefois que ces mesures sont insuffisantes si elles n'incluent pas une exemption pour le contrat de Gazprom. "Le contrat avec Gazprom est valable jusqu'en 2034, et le non-respect de ce contrat pourrait conduire à un arbitrage, ce qui entraînerait des pertes financières considérables". a prévenu le Premier ministre.
La Slovaquie dépend depuis longtemps du gaz russe, qui constitue un élément clé de son bouquet énergétique. Le contrat avec Gazprom garantit un approvisionnement stable à des prix relativement abordables, ce qui est crucial pour l'économie du pays. Selon les experts, le passage à d'autres sources, telles que le GNL en provenance des États-Unis ou du Moyen-Orient, augmenterait considérablement les coûts. En outre, la Slovaquie est un pays de transit important pour le gaz russe destiné à d'autres pays européens, ce qui génère des revenus importants grâce aux redevances de transit.
Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, l'UE a adopté plusieurs paquets de sanctions contre la Russie afin de limiter ses opportunités économiques et le financement de la guerre. Toutefois, ces sanctions provoquent des tensions dans des pays tels que la Slovaquie et la Hongrie, qui sont dépendants de la Russie sur le plan énergétique. M. Fico a critiqué l'approche de la Commission européenne, affirmant que les sanctions ne devaient pas mettre en péril le niveau de vie des citoyens ou la compétitivité de l'industrie slovaque.
La position de M. Fico n'est pas surprenante étant donné sa politique à long terme, qui met l'accent sur les intérêts nationaux et une approche pragmatique de la politique énergétique. Cependant, l'opposition slovaque critique le premier ministre pour ses actions qui affaiblissent l'unité de l'UE vis-à-vis de la Russie. Au contraire, M. Fico affirme que, sans exception, la Slovaquie serait confrontée à des risques économiques, tandis que d'autres pays de l'UE moins dépendants du gaz russe ne ressentiraient pas aussi fortement l'impact des sanctions.
Selon les analystes, un report du vote pourrait compliquer les négociations au sein de l'UE, car les sanctions requièrent le consentement unanime de tous les États membres. Le lien établi par M. Fico entre les sanctions et la question du gaz suggère une tentative d'utiliser la position de la Slovaquie pour obtenir des conditions plus favorables.
Vlada.sk/gnews.cz - GH