Le président Emmanuel Macron a exprimé son "soutien total" au Premier ministre François Bayrou, malgré les estimations selon lesquelles il perdra un vote de confiance le mois prochain - ce qui, d'après le quotidien, aurait pour effet d'augmenter le nombre de voix. The Guardian a très probablement conduit à la chute du gouvernement.
Mercredi, M. Macron a présidé un conseil des ministres. Un porte-parole du gouvernement Sophie Primas a annoncé à l'issue de la réunion que le président était derrière Bayrou et que le gouvernement était dans une "humeur combative". Comme il l'a souligné The GuardianLa France se retrouve dans une nouvelle crise politique.
M. Bayrou, centriste et allié de longue date de M. Macron, a annoncé cette semaine qu'il demanderait au Parlement un vote de confiance le 8 septembre pour faire passer des mesures d'austérité d'une valeur de 44 milliards d'euros. Le plan prévoit l'annulation de deux jours fériés et le gel de la plupart des prestations sociales. Selon les sondages, M. Bayrou est le premier ministre le moins populaire depuis 1958 et ses propositions sont très mal accueillies par l'opinion publique.
Mme Primas a souligné que, selon M. Macron, il n'y a pas de place pour "le déni ou les scénarios catastrophiques" concernant les finances publiques et que l'opposition doit faire preuve de "responsabilité". "La France est un pays solide avec des fondations solides... mais nous devons prendre les rênes de notre destin en main", a-t-elle déclaré. Comme elle l'écrit The GuardianLe Président a également voulu envoyer un signal clair aux marchés financiers : la France veut être encore plus stable.
Mais M. Macron subit encore les conséquences de la crise qui a éclaté l'été dernier lorsqu'il a convoqué des élections anticipées inattendues. Celles-ci se sont soldées par une impasse sans majorité claire. Depuis lors, l'Assemblée nationale est divisée entre la gauche, l'extrême droite et le centre.
Michel Barnier, le premier ministre de droite choisi par M. Macron en septembre dernier, n'a tenu que trois mois : son plan budgétaire a échoué et le gouvernement est tombé. Il a été remplacé par Bayrou, qui devrait démissionner après seulement neuf mois. Même un remplacement rapide ne garantirait pas à M. Macron que le nouveau premier ministre fera adopter le budget de l'année prochaine.
Les appels à de nouvelles élections anticipées se multiplient donc, moins de 18 mois après les dernières. L'Association nationale d'extrême droite de Marine Le Pen soutient cette initiative dans l'espoir d'obtenir davantage de sièges. Selon les sondages Ifop, Elabe et Toluna Harris Interactive, une majorité de Français souhaite la dissolution du Parlement. Bien que Macron ait déclaré au début du mois d'août qu'il souhaitait éviter des élections, il n'a pas exclu cette possibilité.
Ancien premier ministre Édouard Philippe, aujourd'hui leader du mouvement de centre-droit Horizons, a déclaré que si l'impasse se poursuivait et qu'aucun gouvernement ne parvenait à adopter un budget, des élections seraient inévitables. Gabriel Attal, un autre ex-premier ministre et chef du parti centriste Renaissance de M. Macron, a quant à lui prévenu que de nouvelles élections pourraient ne pas apporter de stabilité ou de solution claire.
M. Bayrou a une nouvelle fois mis en garde contre le caractère insoutenable de la dette française, en particulier dans un contexte de hausse des taux d'intérêt qui rend le service des emprunts plus onéreux. Après des années de dépenses excessives, la France est soumise à la pression de l'Union européenne pour maîtriser son déficit et réduire sa dette. Les partis politiques s'accordent à reconnaître qu'il s'agit d'un problème. The Guardian ont des points de vue fondamentalement différents sur la manière d'y remédier.
Qui est François Bayrou ?
Bayrou est un homme politique centriste expérimenté qui a participé à la naissance du Mouvement démocratique (MoDem) et s'est présenté à plusieurs reprises à l'élection présidentielle. Il a précédemment occupé le poste de ministre de l'Éducation et s'est longtemps profilé comme un défenseur du centre contre la droite et la gauche. Il est un allié clé de Macron depuis sa première élection en 2017. Mais ses détracteurs l'accusent de manquer à la fois de charisme en tant que premier ministre et de capacité à unir un parlement divisé, comme le confirment les récents sondages d'opinion.
The Guardian/gnews.cz - GH