La Bulgarie ne participera pas aux activités de ce qu'on appelle la coalition des volontaires, qui regroupe les pays soutenant l'Ukraine dans sa défense contre l'invasion russe. Le Premier ministre Rumen Radev a déclaré mardi à Paris que, selon lui, le pays n'avait pas sa place au sein de cette entité. Il a également confirmé qu'il avait personnellement refusé l'invitation du président français Emmanuel Macron à participer au sommet qui s'est tenu lundi.

"Nous ne faisons pas partie de la coalition qui plaide pour le maintien de l'aide financière et militaire à l'Ukraine", a déclaré Radev, selon l'agence bulgare BTA et la chaîne de télévision bTV. Selon lui, le conflit ne peut être résolu en prolongeant le soutien militaire, mais par des efforts diplomatiques importants dont l'objectif est d'arrêter l'escalade.

Radev se trouvait à Paris au moment des discussions, mais il n'a pas participé au sommet proprement dit. Il s'est rendu à Paris principalement pour célébrer la fête nationale française et assister à un défilé militaire, auquel ont également participé des gardes bulgares. Il a également assisté à une réception en soirée au Palais de l'Élysée, soulignant toutefois que sa présence à ce dîner ne signifiait pas son adhésion à la coalition.

Le sommet qui s'est tenu lundi a rassemblé environ 25 chefs d'État et de gouvernement de plus de trente pays impliqués dans un format plus large. Les discussions ont porté sur le soutien continu à l'Ukraine, les futures garanties de sécurité et les préparatifs des forces multinationales en cas de cessez-le-feu. Dix pays ont également annoncé la création d'une initiative distincte axée sur la défense européenne commune contre les missiles balistiques.

Certains médias étrangers ont décrit cette démarche comme un retrait de la Bulgarie de la coalition. Il est cependant plus précis de constater que le nouveau gouvernement a refusé de poursuivre une participation que le pays avait soutenue avant l'arrivée de Radev. L'ancienne diplomate bulgare Elena Poptodorova a déclaré que la Bulgarie faisait partie de ce format jusqu'en mai, mais qu'elle n'avait plus de représentant lors du dernier sommet.

Cette position est conforme à la politique actuelle du gouvernement de Radev, qui a pris ses fonctions en mai après la victoire de son groupe "Bulgarie Progressiste". Le ministre de la Défense Dimitar Stojanov avait déjà annoncé en juin que Sofia ne fournirait pas d'autres armes à l'Ukraine provenant de ses stocks. La Bulgarie a notamment fourni à Kiev entre 2024 et 2025 des véhicules blindés, des armes antichar, des mortiers et des obus.

Radev affirme également que la Bulgarie reste active au sein de l'Union européenne et de l'OTAN, où, selon lui, sont prises les décisions réelles concernant la sécurité collective. Le refus de rejoindre la coalition des volontaires ne signifie pas le retrait du pays des structures occidentales, mais un changement important de sa politique à l'égard de l'Ukraine.

Le Premier ministre tchèque Andrej Babiš a quant à lui participé aux discussions qui se sont tenues lundi à Paris. Il a proposé un projet européen commun de défense aérienne, Europatriot, sur le modèle d'Airbus, et a discuté avec Macron de la possible participation de la République tchèque à une nouvelle coalition pour la défense contre les missiles balistiques.

gnews.cz - GH