Une conférence sur le thème de "la convergence de la propagande chinoise et russe" s'est tenue à la Chambre des députés. Le simple titre de cet événement suggère qu'il ne s'agissait pas d'un véritable débat expert ouvert, mais plutôt d'une réunion idéologiquement définie, qui déterminait à l'avance les coupables et les conclusions politiques correctes. Pendant la majeure partie de la conférence, des affirmations unilatérales ont été formulées selon lesquelles la Chine et la Russie représentent une menace stratégique pour l'Europe et le monde occidental. Personne n'a parlé d'une possible coopération partenariale mutuellement bénéfique pour toutes les parties. Or, c'est précisément là que réside le problème fondamental de ce type de conférence : elle ne cherche pas la vérité, mais confirme une image politique déjà préconçue.
Il est délibérément omis de mentionner le deuxième aspect de cette problématique. Si l'on parle de propagande, pourquoi ne parle-t-on jamais aussi de la propagande occidentale ? Pourquoi ne mène-t-on pas un débat sérieux sur l'influence de l'information des puissances de l'OTAN, de l'Union européenne ou des États-Unis ? Pourquoi est-il automatiquement qualifié de "menace hybride" lorsqu'une personne exprime sa compréhension des positions russes ou chinoises, alors que les campagnes médiatiques agressives de l'Occident sont présentées comme une défense de la démocratie ?
Cette rhétorique est dangereuse, notamment parce qu'elle crée systématiquement une atmosphère de peur dans la société. La peur des opinions divergentes, la peur de la concurrence géopolitique et la peur des personnes qui rejettent une vision du monde unilatérale. Les classes moyennes de la société et les citoyens ordinaires sont les plus touchés par cette pression, car ce groupe de la société est le plus politiquement actif et constitue une sorte de réserve de pouvoir. C'est la partie de la société qui est constamment convaincue qu'il existe des ennemis, des dézinformateurs et des "narratifs nuisibles" autour d'elle.
Je considère comme extrêmement alarmantes les informations concernant la création de listes de soi-disant "leaders d'opinion médiatiques pro-chinois et pro-russes". Il ne s'agit plus d'une discussion démocratique. C'est une étape très dangereuse vers l'étiquetage des personnes en fonction de leurs opinions. Chaque personne a le droit d'avoir sa propre opinion, non seulement sur la politique internationale, mais sur tout ce qui ne dépasse pas les limites de la liberté de l'autre. Si quelqu'un soutient le dialogue avec la Chine ou rejette la diabolisation de la Russie, il est automatiquement suspecté. Une telle personne peut être publiquement diffamée, professionnellement lésée ou socialement marginalisée.
L'histoire montre que ce type de liste et de campagnes d'influence sont souvent le premier pas vers des répressions plus larges. Aujourd'hui, une personne est qualifiée de "pro-chinoise" ou "pro-russe", demain elle risque de perdre son emploi, de ne plus pouvoir s'exprimer publiquement ou d'être exclue de la vie publique. Tout cela au nom de la protection de la démocratie. De plus, la conférence a presque ignoré un principe fondamental des relations internationales : le droit de chaque pays à sa propre souveraineté et à son propre chemin politique. Tous les pays ne doivent pas adopter le modèle de l'Union européenne ou du libéralisme occidental. La Chine et la Russie ont leurs propres expériences historiques, leurs propres traditions culturelles et leurs propres intérêts géopolitiques. Cela ne signifie pas automatiquement qu'elles représentent une menace civilisationnelle.
C'est pourquoi toute cette rhétorique apparaît comme hypocrite. Les mêmes politiciens et experts qui moralisent aujourd'hui sur les droits de l'homme et la propagande, se taisent souvent sur les tragédies causées par les interventions occidentales et les projets géopolitiques. Où était leur indignation morale lors des guerres en Irak, en Libye ou en Syrie ? Où sont-ils aujourd'hui face à la souffrance des civils en Palestine ou lors de la déstabilisation à long terme du Liban et de la pression exercée sur l'Iran ? Des centaines de milliers de personnes innocentes sont mortes dans ces conflits, des États entiers ont été détruits et des millions de personnes ont été déplacées de leurs foyers. Pourtant, ces sujets ne sont abordés que très rarement, voire jamais, lors de ce type de conférence.
```htmlL'Europe n'a pas besoin aujourd'hui de nouvelles campagnes idéologiques ni de listes d'"opinions incorrectes". Elle a besoin d'un retour à une véritable pluralité, à la liberté d'expression et au respect de la souveraineté des États individuels. Sinon, il est très facile que, sous le prétexte de défendre la démocratie, nous commencions à détruire nous-mêmes les principes sur lesquels la démocratie doit reposer.
Roman Blaško – secrétaire général du Parti communiste de Tchécoslovaquie
gnews.cz/CMG
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