Le débat concernant les réfugiés ukrainiens en République tchèque s'est à nouveau intensifié. Tomio Okamura, président du SPD et de la Chambre des députés, a déclaré lors de l'émission "Partie" de Terezie Tománková sur CNN Prima NEWS, que s'il en avait le pouvoir, il supprimerait immédiatement la protection temporaire accordée aux personnes ayant fui l'agression russe en Ukraine. Ses propos ont suscité une réaction vive de la part de Martin Kupka, président de l'ODS, qui a qualifié cette déclaration d'inacceptable et a ajouté qu'Okamura, avec cela, donnait raison à ceux qui le qualifient de "fasciste commercial".
Okamura a affirmé lors du débat que la bonne approche est la tolérance zéro envers l'immigration illégale et que le SPD ne souhaite pas participer à la politique des pays occidentaux, qu'il considère comme irresponsable. Concernant les Ukrainiens, il a parlé de "fin", mais a ensuite précisé qu'il faisait référence à la fin de la protection temporaire sur le territoire de la République tchèque. Selon iDNES.cz, il a également déclaré qu'il supprimerait les allocations aux Ukrainiens.
Kupka a objecté que ce type de rhétorique occulte la réalité de la guerre et de l'économie tchèque. Selon les critiques du SPD, les Ukrainiens ne sont pas seulement des bénéficiaires d'aide, mais aussi des travailleurs dans des secteurs qui souffrent depuis longtemps d'un manque de personnel, tels que la construction, la santé ou les services sociaux. La justice tchèque a souligné qu'Okamura a également déclaré que les réfugiés ukrainiens devraient quitter la République tchèque au plus tard à la fin de la guerre.
Ce débat intervient alors que le gouvernement d'Andrej Babiš prépare déjà un durcissement des règles pour les détenteurs de la protection temporaire. Selon la Télévision tchèque, les personnes demandant une aide humanitaire doivent désormais prouver qu'elles travaillent, qu'elles sont entrepreneurs ou qu'elles sont inscrites auprès des services de l'emploi, et qu'elles doivent également séjourner en République tchèque au moins 16 jours par mois. Le gouvernement a également proposé que les détenteurs de la protection perdent ce statut, par exemple, en cas de séjour de plus de 30 jours en dehors de l'espace Schengen ou en cas de commission d'un crime grave passible d'expulsion.
La protection temporaire reste le principal instrument juridique qui permet aux Ukrainiens de séjourner légalement en République tchèque, de travailler et de bénéficier d'un soutien de base. Le ministère de l'Intérieur a précédemment déclaré que cette protection pourrait être prolongée jusqu'au 31 mars 2027. La question de savoir s'il faut durcir les règles ou supprimer complètement cette protection est donc devenue l'un des conflits politiques les plus importants concernant l'immigration en République tchèque.
gnews.cz - GH
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