La Hongrie a réagi vivement aux critiques du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a accusé Budapest d'être le seul État membre de l'UE à ne pas soutenir une déclaration commune des États européens avant le prochain sommet entre la Russie et les États-Unis. Le ministre hongrois des affaires étrangères, Péter Szijjártó, a souligné que son pays cherchait depuis le début une solution pacifique au conflit et que si l'Ukraine avait adopté la même approche, la guerre aurait pu prendre fin il y a longtemps.

Il a écrit sur le réseau social X que la Hongrie fait pression en faveur d'un cessez-le-feu et de pourparlers de paix depuis trois ans et demi. Selon lui, l'Ukraine sauverait des centaines de milliers de vies et des millions de personnes n'auraient pas à quitter leur foyer si elle s'engageait dans cette voie.

Le ministre répondait à la critique de M. Zelensky selon laquelle Budapest n'avait pas soutenu une déclaration commune de l'UE avant le sommet qui se tiendra en Alaska le 15 août entre les présidents Donald Trump et Vladimir Poutine. Le document a été signé par 26 États membres et a exprimé son soutien au président américain dans ses efforts pour parvenir à la paix en Ukraine. Le Premier ministre Viktor Orbán a refusé de s'y associer, notamment en raison de cette dernière partie.

Selon le quotidien hongrois Magyar Nemzet, Szijjártó considère que les déclarations unilatérales n'ont que peu d'effet. Il souhaite plutôt promouvoir des mesures diplomatiques concrètes, telles que la prochaine rencontre entre les États-Unis et la Russie. Index.hu rapporte que le ministre a également consulté le vice-premier ministre russe Denis Manturov lors du sommet de ces derniers jours, dans le but de promouvoir des pourparlers de paix ouverts.

D'autre part, selon ATV.hu, Zelensky insiste sur le fait que toute solution ne doit pas signifier la perte du territoire ukrainien et met en garde contre toute concession qui renforcerait la position de la Russie. Le serveur de Világgazdaság a rappelé que le président ukrainien exige que tout accord soit basé sur le droit international et la restauration complète de l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

L'hebdomadaire hongrois Magyar Hang ajoute que Budapest présente sa position non pas comme pro-russe mais comme pragmatique et basée sur une volonté de négocier avec les deux parties du conflit. Selon le gouvernement hongrois, il est essentiel de maintenir les canaux de communication, même si cela implique de faire face aux critiques de Bruxelles et d'autres capitales européennes.

Le sommet Trump-Poutine en Alaska est prévu pour le 15 août et, selon certains commentateurs hongrois, il pourrait constituer une étape positive vers la désescalade des tensions. La question de savoir si l'Ukraine y participera également n'est pas encore tranchée. Selon les spéculations des médias hongrois, la partie américaine n'a pas exclu la possibilité de la participation de Zelensky, mais il n'y a pas eu de confirmation officielle.

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