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L'Amérique du Nord est entrée dans une phase incertaine en matière de relations commerciales. Les États-Unis, le Mexique et le Canada maintiennent toujours en vigueur l'accord USMCA, qui a remplacé l'ANFTA en 2020, mais Washington a refusé de prolonger automatiquement cet accord dans sa forme actuelle. L'envoyé commercial américain, Jamieson Greer, a déclaré après une réunion virtuelle mercredi que les États-Unis souhaitaient d'abord résoudre les "lacunes" de l'accord et les déficits commerciaux avec les deux pays voisins. L'accord reste donc en vigueur, mais il sera réexaminé chaque année jusqu'en 2036, faute d'accord.

Pour les entreprises, c'est un signal important. L'USMCA n'est pas seulement un document politique, mais la base d'une production intégrée, où les composants franchissent souvent plusieurs frontières avant de donner naissance à un produit fini. L'industrie automobile est particulièrement concernée, mais aussi l'ingénierie, l'agriculture, l'agroalimentaire, l'extraction minière et la logistique.

Le ministre mexicain de l'économie, Marcelo Ebrard, a confirmé après une réunion avec Greer et le ministre canadien Dominic LeBlanc qu'il existait des différences fondamentales entre le Mexique et les États-Unis. Il ne s'agit pas seulement de détails techniques. L'avenir de l'industrie automobile, de l'acier, de l'aluminium, de l'agriculture, ainsi que la question plus large de savoir qui bénéficiera réellement des avantages de la zone nord-américaine, sont en jeu. Ebrard a également souligné qu'il ne voyait aucun différend qui ne puisse être résolu par la négociation.

Le principal point de friction concerne les règles d'origine pour les automobiles et les produits industriels. Washington plaide pour des conditions plus strictes afin que les avantages de l'USMCA ne soient pas accordés aux produits qui, par le biais du Mexique ou du Canada, obtiendraient simplement un accès plus facile au marché américain. Selon Reuters, la partie américaine avait exigé, lors des précédents cycles de négociations, une plus grande proportion de contenu américain dans les véhicules fabriqués en Amérique du Nord. Ebrard a cependant souligné que le Mexique ne permettrait pas de solutions qui pourraient nuire à son secteur automobile.

Le Mexique rejette également les droits de douane américains sur l'acier, l'aluminium et les automobiles. L'USTR a confirmé en juin que ces secteurs, ainsi que l'agriculture, le travail, l'environnement et la sécurité économique, étaient abordés lors des négociations. Cette dernière concerne principalement les minéraux stratégiques, la résilience des chaînes d'approvisionnement et les efforts visant à réduire la dépendance de la région aux intrants provenant de pays non membres.

Le Canada s'est prononcé en faveur du prolongement de l'accord, et LeBlanc a rappelé que l'USMCA soutient des millions d'emplois en Amérique du Nord. Ottawa insiste également pour une solution aux droits de douane américains sur l'acier, l'aluminium, les voitures et le bois canadiens. Un nouveau cycle de négociations important entre les États-Unis et le Mexique doit avoir lieu la semaine du 20 juillet à Mexico. Le résultat sera important non seulement pour les trois gouvernements, mais aussi pour les entreprises qui prévoient la production, les investissements et les chaînes d'approvisionnement sur tout le continent.

gnews.cz - GH

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