La ministre islandaise des Affaires étrangères, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir, a averti que son pays pourrait être confronté à son propre "moment Brexit" avant le référendum d'août sur la reprise des négociations d'adhésion avec l'Union européenne. Selon elle, la campagne est déjà marquée par des tentatives d'intimidation, des affirmations trompeuses et une rhétorique qui rappelle le débat britannique précédant le départ du Royaume-Uni de l'UE. Le vote est prévu le 29 août 2026 et ne décidera pas directement de l'adhésion de l'Islande à l'Union, mais de la question de savoir si le gouvernement doit rouvrir les négociations d'adhésion.
L'Islande a fait sa première demande d'adhésion à l'UE en 2009, après une grave crise financière qui a fortement affecté le système bancaire et l'économie du pays. Les négociations ont été interrompues quatre ans plus tard, en 2013, en raison d'un changement de représentation politique à Reykjavik. Si les Islandais soutenaient actuellement la reprise des discussions, les conditions finales d'adhésion devraient être confirmées par un deuxième référendum. Le gouvernement a également déclaré que le rejet lors du vote d'août signifierait la fin des tentatives de retour aux négociations d'adhésion.
Le débat est extrêmement sensible. Les partisans de la reprise des négociations affirment que l'adhésion à l'UE donnerait à l'Islande une voix plus forte en Europe et une plus grande sécurité, dans un contexte de changements géopolitiques. Les opposants, quant à eux, mettent en garde contre les conséquences sur la souveraineté, l'agriculture et, surtout, la pêche, qui est un pilier de l'économie et de l'identité nationale islandaises. Selon Gunnarsdóttir, la pêche et la question des quotas sont l'une des zones les plus difficiles qui devraient être abordées avec Bruxelles dès le début des négociations.
Le référendum a lieu alors que l'Islande observe les pressions exercées sur les liens de sécurité traditionnels. La ministre a rappelé que l'ordre mondial sur lequel le pays s'est longtemps appuyé est menacé. Le débat islandais a également été influencé par les déclarations et les pressions américaines concernant le Groenland, le pays voisin le plus proche de l'Islande. Reuters a rapporté en mars que l'augmentation du coût de la vie, la guerre en Ukraine et les tensions autour du Groenland ont renforcé l'intérêt de certains Islandais pour une voie européenne.
Les préoccupations ne se limitent pas à la campagne politique, mais concernent également l'influence étrangère et l'intelligence artificielle. La Première ministre, Kristrún Frostadóttir, a averti que toute ingérence de la part d'acteurs étrangers ne serait pas tolérée, et la présidente, Halla Tómasdóttir, a souligné que l'IA peut rapidement créer du contenu qui semble crédible mais qui est trompeur. Selon des experts, un problème pourrait également être que les gens acceptent les réponses des modèles de langage comme des faits sans vérifier les sources. Les sondages actuels indiquent une lutte serrée, ce qui signifie qu'un petit changement dans l'opinion publique pourrait influencer le résultat.
gnews.cz - GH
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