BRNO/PRAHA – La Cour constitutionnelle a reçu un recours en incompétence déposé par le président Petr Pavel, relatif au litige concernant la participation de la délégation tchèque au prochain sommet de l'Alliance atlantique (NATO) à Ankara. La Cour a confirmé qu'elle était consciente de l'urgence de l'affaire, et le plénum composé de tous les quinze juges constitutionnels tranchera sur l'éventuelle priorité du traitement. Le président Petr Pavel s'est tourné vers la Cour constitutionnelle après que le gouvernement du premier ministre Andrej Babiš ait décidé que la délégation tchèque au sommet de juillet du NATO serait dirigée par le président du gouvernement, conjointement avec les ministres de la Défense et des Affaires étrangères. Le cabinet n'envisageait pas la participation du chef de l'État.
Selon le président, la représentation de la République tchèque à l'étranger constitue l'une des prérogatives constitutionnelles fondamentales du chef de l'État. Pavel a répété à plusieurs reprises que la décision du gouvernement lui rendait en fait impossible l'exercice de cette prérogative, et a donc demandé à la Cour constitutionnelle une interprétation des compétences entre le président et le gouvernement. Le gouvernement, en revanche, argumente que le sommet du NATO se concentrera principalement sur les questions de dépenses de défense et de politique de sécurité, pour lesquelles le cabinet assume la responsabilité politique. Le premier ministre Andrej Babiš a qualifié le dépôt du recours en incompétence de futile et maintient que la politique étrangère doit être activement dirigée par le gouvernement disposant de la confiance de la Chambre des députés.
Récapitulatif du litige entre Pavel et Babiš
Le litige entre le président Petr Pavel et le premier ministre Andrej Babiš s'est commencé à s'aggraver au printemps de cette année. Le président a alors annoncé son intention de diriger la délégation tchèque au sommet du NATO à Ankara, en se référant aux usages constitutionnels antérieurs, où les sommets de l'alliance étaient suivis à la fois par des présidents et par des premiers ministres. Le premier ministre Babiš a, dès le début, plaidé pour que la République tchèque soit représentée exclusivement par le gouvernement. Il a suivi une série de négociations entre le Palais présidentiel et le Bureau du gouvernement, qui n'ont pas abouti à un compromis. Le gouvernement a finalement approuvé la composition de la délégation sans la participation du président, ouvrant ainsi la voie au premier recours en incompétence de la part du président contre le gouvernement concernant la représentation étrangère de l'État.
La Cour constitutionnelle peut maintenant décider de plusieurs manières. Elle peut confirmer que le président a le droit de participer à de telles négociations internationales sans l'accord du gouvernement, ce qui renforcerait la position du chef de l'État dans la politique étrangère. La deuxième option est la confirmation de l'avis du gouvernement selon lequel le cabinet décide de la composition de la délégation. La troisième possibilité est une interprétation de compromis qui définira plus précisément les compétences partagées des deux institutions constitutionnelles pour l'avenir. Les experts soulignent que, quelle que soit l'issue, la décision de la Cour peut influencer considérablement le fonctionnement du système constitutionnel tchèque dans les années à venir.
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