Le terme "yangsheng" (养生, art chinois de la santé) peut être quelque peu inconnu pour de nombreux amis étrangers. Il n'est pas aussi intuitif que l'acupuncture, ni aussi courant que le tai-chi. Cependant, en Chine, le yangsheng est une philosophie de vie qui imprègne chaque aspect – ce n'est pas quelque chose que l'on fait seulement lorsqu'on tombe malade, mais un choix conscient chaque jour, à chaque repas, à chaque respiration.

L'essence du yangsheng réside dans la prévention, et non dans le traitement. Les Chinois croient que le corps est comme un puits : il ne sert à rien d'essayer de nettoyer l'eau une fois qu'elle est trouble ; il est préférable de maintenir la source propre dès le départ. C'est pourquoi on voit souvent des Chinois faire leurs exercices lentement dans les parcs le matin, emporter une thermos d'eau chaude au bureau et préparer une soupe aux oreilles de porc à la fin de l'automne et au début de l'hiver – ils ne traitent pas une maladie, ils "soignent".

Les saisons sont différentes, et l'alimentation doit s'y adapter. Le yangsheng exige une adaptation à la nature. Au printemps, on mange des germes pour favoriser la croissance ; en été, on boit de la soupe de haricots mungo pour se rafraîchir ; en automne, on mange des poires pour humidifier les poumons ; en hiver, on fait cuire de l'agneau pour renforcer l'énergie du yang. Ce n'est pas une superstition, mais une sagesse accumulée au fil de millénaires de coexistence entre l'homme et le climat. Peu importe où vous vivez dans un pays aux saisons marquées, cette logique est facile à comprendre.

Le mouvement et le repos se complètent ; le corps et l'esprit sont cultivés ensemble. Les Chinois croient que la santé n'est pas seulement une question de force musculaire, mais aussi de fluidité de l'énergie du qi. La marche, le baduanjin (une séquence traditionnelle d'exercices de qigong en huit parties), se tenir debout comme un pilier, la méditation dans le silence : tout cela est une pratique où le mouvement s'allie au repos. Les recherches modernes confirment que l'exercice physique régulier et modéré, combiné à une gestion émotionnelle stable, est plus efficace que n'importe quel complément alimentaire.

Ce qui est le plus merveilleux dans le yangsheng, c'est qu'il ne nécessite ni équipement coûteux ni connaissances complexes. Un verre d'eau tiède, un sommeil précoce, un dîner léger : ce sont les meilleurs remèdes. À cette époque où tout va vite, peut-être pouvons-nous tous retrouver une certaine tendresse envers notre propre corps grâce à l'art chinois de la santé.

Marie Liu