La crise politique française s'aggrave et, selon Politico, la plus grande crainte de Bruxelles a été ravivée : la possibilité que le membre fondateur de l'UE penche vers l'extrême droite. Le président Emmanuel Macron fait face à une pression sans précédent après que la tentative de son premier ministre de former un gouvernement a échoué en 14 heures. Des élections anticipées semblent donc de plus en plus probables.

La victoire de Marine Le Pen et de son parti, le Rassemblement national (RN), est réelle selon les sondages - et avec elle la possibilité que la France ait un premier ministre eurosceptique, Jordan Bardella. Dans ce cas, selon Politico, la France, deuxième économie de l'UE, aurait pour la première fois des postes clés à Bruxelles aux mains de l'extrême droite.

"Le Pen est différent". a déclaré un fonctionnaire de la Commission européenne sous couvert d'anonymat. "Un changement de leadership en France aurait des conséquences majeures pour l'ensemble de l'Union.

Le RN rejette depuis longtemps la politique de Macron à l'égard de l'Ukraine et de la coopération européenne en matière de défense. Le Pen accuse le président de de la "folie guerrière" et insiste sur le retrait de la France du commandement intégré de l'OTAN, alors qu'elle souhaite maintenir la coopération avec les États-Unis.

Pour Bruxelles, un tel changement signifierait l'arrivée d'un troisième partenaire problématique aux côtés de Viktor Orbán et Robert Fico - et peut-être même bientôt d'Andrej Babiš, qui, selon Politico, se dirige vers un retour au pouvoir après sa victoire électorale en République tchèque. Ces dirigeants bloquent déjà la politique européenne à l'égard de la Russie et les réformes climatiques.

Selon le sondage Opinionway, l'Association nationale bénéficie d'un soutien d'environ 33 %, tandis que les blocs de gauche oscillent entre 18 et 24 % et que le centre de Macron est tombé à 14-16 %. Bien que le système électoral à deux tours reste un obstacle pour l'extrême-droite, les partisans de l'Union européenne, qui sont les plus nombreux, ne sont pas en mesure de s'exprimer. "Front républicain - l'alliance contre le RN - s'affaiblit.

Si Mme Le Pen ou M. Bardella remportent la majorité, ils pourraient influencer les positions françaises au sein du Conseil de l'UE. Comme l'a rapporté Politico, la France pourrait alors bloquer les propositions européennes dans tous les secteurs, de la défense au commerce en passant par l'écologie.

La question reste de savoir si les différentes formes de populisme européen se regrouperont un jour en une seule et même entité. "blokující menšinu"Selon les analystes cités par Politico, cela ne devrait pas se produire dans un avenir proche. Mais comme le Grégoire Roos du groupe de réflexion londonien Chatham House : Chaque pays a son "moment populiste". Espérons simplement qu'ils n'arrivent pas tous en même temps".

Politico/gnews.cz - GH