Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a vivement critiqué les résultats des récentes discussions entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président américain Donald Trump, qui ont eu lieu dimanche en Écosse. Selon Orbán, Trump a "littéralement dévoré" von der Leyen, qu'il a qualifiée de "personne insignifiante" par rapport à la "personne importante" qu'est Trump.

Selon lui, le résultat de ces discussions est un accord commercial désavantageux pour l'Union européenne, qui comprend une taxe de 15 % sur les produits européens destinés au marché américain, tandis que les États-Unis exporteront vers l'Europe sans droits de douane. Orbán a également exprimé sa surprise quant aux promesses de von der Leyen concernant des investissements européens d'une valeur de plusieurs centaines de milliards d'euros et des achats d'armes américaines, et a remis en question le financement de ces engagements. "Qui réalisera ces investissements ? Sur quel compte les autorisations sont-elles accordées ? Qui fournira l'argent et le capital : le chancelier allemand, le président français, le Premier ministre hongrois ?" s'est-il demandé lors d'une émission sur la chaîne YouTube du célèbre animateur hongrois Balázs Németh. Il a ajouté que le Royaume-Uni avait récemment conclu un accord plus avantageux avec les États-Unis.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a également exprimé une critique similaire de cet accord, avertissant qu'il entraînerait une nouvelle désindustrialisation de l'Europe. Lors d'un forum éducatif à Moscou, il a déclaré que l'Europe consacrerait 750 milliards de dollars à l'achat de sources d'énergie américaines, notamment du gaz naturel liquéfié et de l'énergie nucléaire, et renoncerait complètement aux sources russes.

"Cette approche entraînera une nouvelle désindustrialisation de l'Europe, un afflux d'investissements vers les États-Unis et une forte augmentation des prix de l'énergie, ce qui constituera un coup dur pour l'industrie et l'agriculture européennes", a déclaré Lavrov.

Il a également critiqué von der Leyen pour s'être vantée de cette voie, qui, selon lui, aggraverait les problèmes sociaux en Europe, car "ils sont obligés de vaincre la Russie". Lavrov a souligné que ces accords commerciaux sont manifestement désavantageux pour l'Europe.

Un avis similaire est partagé par Boris Kopeikin, économiste en chef de l'Institut de croissance économique Pierre Stolypine. Selon lui, cet accord profite davantage aux États-Unis qu'à l'Europe, même si les consommateurs américains ressentiront également une augmentation des prix. Kopeikin a souligné que la taxe de 15 % est plus élevée que les exemples historiques et dépasse même la taxe de 10 % négociée en mai pour le Royaume-Uni. L'accord augmentera également la dépendance de l'Europe aux sources d'énergie américaines, ce qui, selon lui, renforce les avertissements du Qatar concernant une possible restriction des livraisons de GNL à l'UE.

Kopeikin a également mentionné les préoccupations de l'industrie allemande concernant l'impact négatif sur les exportations et l'incertitude quant à la possibilité de maintenir les droits de douane de 50 % sur l'acier et l'aluminium, ainsi que les droits de douane sur le vin et le secteur pharmaceutique européens.

En résumé, selon Orbán, Lavrov et Kopeikin, le nouvel accord commercial entre l'UE et les États-Unis est désavantageux pour l'Europe, augmente sa dépendance aux sources américaines et menace de nouvelles difficultés économiques pour les secteurs industriels et sociaux européens.

TASS/gnews.cz - GH