Au milieu du mois d'octobre 2025, le musée du Louvre, le musée le plus visité au monde, a été le théâtre d'un des vols les plus audacieux des dernières décennies. Durant la matinée d'un dimanche, alors que le musée était ouvert au public, un groupe de malfaiteurs a réussi, en moins de sept minutes, à pénétrer dans la Galerie d'Apollon, à briser les vitrines et à dérober les joyaux de la couronne de la monarchie française, pour une valeur estimée à environ 88 millions d'euros. Selon The Guardian, les auteurs du vol étaient probablement de simples "voleurs".

Selon Reuters, les voleurs sont arrivés au musée à bord d'un camion de livraison volé, équipé d'une nacelle qui leur a permis d'atteindre une fenêtre située au premier étage. Ils ont ensuite pénétré dans la salle, normalement protégée par un système de sécurité de pointe, et ont brisé les vitrines en quelques minutes. Les caméras, cependant, n'ont pas réussi à capturer suffisamment de détails à ce moment-là : certaines étaient obsolètes et la connexion au centre de contrôle ne fonctionnait pas, selon Le Monde. Après leur fuite à scooter, ils ont disparu dans les rues de Paris, avant même l'arrivée de la police.

La procureure de Paris, Laure Beccuau, a déclaré à Franceinfo et The Guardian que, selon les premières investigations, il ne s'agissait pas d'un acte commis par un gang criminel organisé, comme on l'avait initialement pensé, mais plutôt de l'œuvre de "délinquants ordinaires". Deux des personnes inculpées sont un couple avec deux enfants, originaires du quartier de Seine-Saint-Denis, l'un des départements les plus pauvres de France. "Ce n'est ni une criminalité banale quotidienne, ni une opération sophistiquée de type crime de la mafia", a-t-elle déclaré.

Selon AP News et France 24, quatre personnes ont été inculpées jusqu'à présent. Outre le couple mentionné, la police a également arrêté un Algérien de 34 ans, résidant en France depuis 2010, et un Français de 39 ans, déjà connu pour des vols. Les deux hommes ont partiellement avoué leur participation. Les enquêteurs examinent les traces d'ADN retrouvées sur la nacelle, sur les gants et sur d'autres objets laissés par les auteurs du vol. Le Monde a rapporté que les voleurs avaient laissé tomber l'un des objets les plus précieux volés : la couronne de l'impératrice Eugénie, ornée de saphirs et de diamants. Elle a été retrouvée endommagée près du musée, ce qui a renforcé l'hypothèse qu'il s'agissait d'un acte impulsif, et non d'une opération soigneusement planifiée.

Parmi les objets disparus, il y avait des joyaux d'une valeur historique inestimable, tels que le collier de saphirs que Napoléon Ier avait offert à sa seconde épouse, Marie Louise, ou le diadème orné de plus de deux mille diamants, qui appartenait autrefois à l'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, rappelle Euronews. Ces pièces sont cependant tellement uniques qu'il est pratiquement impossible de les vendre. Comme l'a souligné Beccuau pour Sky News, "quiconque tenterait de monnayer ces bijoux attirerait immédiatement l'attention". La police étudie donc la possibilité qu'ils aient été démontés, que les pierres aient été taillées ou qu'ils aient été utilisés pour blanchir de l'argent.

Le vol a suscité un débat passionné en France sur la sécurité des institutions culturelles. France 24 rappelle que un incident similaire s'était produit en 1911, lorsque la Joconde avait été volée au Louvre, et qu'elle n'avait été retrouvée que deux ans plus tard. Cet incident a montré que même les technologies modernes et les dizaines de caméras de surveillance ne garantissent pas la sécurité. Comme le souligne Le Monde, les voleurs n'avaient pas besoin de contacts professionnels ni d'un réseau sophistiqué : il leur suffisait de détermination, de courage et d'un plan bien exécuté.

Bien que quatre personnes aient été incarcérées, au moins l'un des auteurs du vol est toujours en fuite. Les indices concernant les bijoux n'ont pour l'instant mené nulle part, et l'enquête se poursuit. Selon Beccuau, la police "examine tous les marchés possibles où les joyaux pourraient être vendus ou utilisés pour blanchir de l'argent".

Le vol des louvres reste une histoire fascinante de courage, d'erreurs et de paradoxes : un crime à la fois incroyable et peu professionnel. Tant que les joyaux disparus ne seront pas retrouvés, le Louvre rappellera que même le lieu le plus surveillé au monde peut être vulnérable.