Le 12 août 2025, le ministère chinois des affaires étrangères a annoncé la suspension de tous les contacts officiels avec le président tchèque Petr Pavel. Selon le porte-parole du ministère, Lin Jian, cette décision fait suite à la rencontre du président avec le 14e dalaï-lama, Tenzin Gyatso, le 27 juillet 2025 en Inde.

Lin Jian a déclaré que Pékin considérait la réunion comme "violation grave de sa souveraineté et de son intégrité territoriale" et pour avoir agi contrairement à l'engagement politique pris par le gouvernement tchèque à l'égard de la Chine. "Malgré les protestations répétées et la forte opposition de la Chine, le président tchèque Petr Pavel s'est rendu en Inde pour rencontrer le Dalaï Lama. Cela contredit gravement l'engagement politique pris par le gouvernement tchèque envers le gouvernement chinois et porte atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la Chine". Le porte-parole a été cité par le quotidien China Daily.

Selon l'ambassade de Chine à Prague, Lin Jian a également annoncé que cette décision couperait toute communication entre Pékin et le président tchèque.

Réaction du Château de Prague
Le bureau du président de la République tchèque a répondu sur le réseau social X en disant qu'il n'y a actuellement aucune communication directe entre la République tchèque et la Chine au niveau présidentiel. Ainsi, selon le Château, l'annonce de Pékin ne représente pas un changement dans le statu quo.

Le gouvernement chinois considère depuis longtemps le Dalaï Lama comme une figure séparatiste prônant l'indépendance du Tibet. Depuis son exil en 1959, Pékin s'est toujours opposé à tout contact officiel entre des fonctionnaires étrangers et le chef spirituel tibétain. Par le passé, certains pays ont fait l'objet de restrictions diplomatiques à la suite de rencontres similaires - par exemple, la Chine a suspendu une partie de ses relations bilatérales avec la Mongolie en 2016 et a critiqué l'Afrique du Sud en 2011 pour avoir retardé l'octroi d'un visa au dalaï-lama, selon la BBC.

Les relations entre la République tchèque et la Chine ont été volatiles ces dernières années. Prague a cherché à développer des liens économiques, en particulier dans le domaine du commerce et de l'investissement, mais a en même temps pris des mesures critiquées par Pékin. Il s'agit par exemple du voyage prévu à Taïwan en 2020 par le président du Sénat de l'époque, Jaroslav Kubera, qui a été jugé inacceptable par la Chine.

Širší čínský postoj
La déclaration de Lin Jian du 12 août 2025 portait sur d'autres sujets internationaux. Interrogé par le Agence de presse Ukrinform sur la rencontre prévue entre le président américain Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine sur la crise ukrainienne, le porte-parole a déclaré que la Chine soutenait... "tous les efforts en vue d'un règlement pacifique de la crise" et espère "un accord de paix juste, durable et contraignant"..

Lin Jian a également commenté les relations commerciales avec les États-Unis, mentionnant la prolongation de 90 jours du cessez-le-feu sur les droits de douane et renvoyant au département du commerce pour plus de détails (ReutersCette position montre que Pékin combine le pragmatisme sur les questions économiques avec des réponses fortes sur les questions politiques qu'elle considère comme cruciales.

Impacts possibles sur les relations entre la République tchèque et la Chine
L'interruption des contacts avec le président Paul peut affecter l'ensemble des relations entre les deux pays. Bien que la mesure vise directement le chef d'État, elle peut également affecter la coopération diplomatique et économique à d'autres niveaux. Selon l'Office statistique tchèque, le commerce bilatéral entre la République tchèque et la Chine atteindra 40 milliards d'euros en 2024, une part importante des exportations et des importations tchèques étant liée au marché chinois.

Dans le même temps, la République tchèque est attachée aux principes de la démocratie et des droits de l'homme, ce qui peut la mettre en conflit avec l'approche de la Chine. Depuis son entrée en fonction en 2023, le président Pavel a souligné à plusieurs reprises l'importance de ces valeurs. La décision de rencontrer le Dalaï Lama peut être considérée comme un appui à cette ligne, au risque de limiter la coopération avec Pékin.

L'annonce du ministère chinois des affaires étrangères indique que Pékin continue d'adopter une position ferme à l'égard des contacts avec le dalaï-lama et considère ces actions comme un empiètement sur sa souveraineté. Le gouvernement tchèque devra décider dans les semaines à venir s'il prend des mesures pour apaiser les tensions ou s'il maintient sa ligne de politique étrangère actuelle, même au prix d'une limitation de la communication officielle avec la Chine.

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