Le groupe CEZ Power prévoit de décider de l'avenir de ses centrales à charbon d'une année sur l'autre, le facteur clé étant l'évolution des prix de l'électricité à la bourse et des quotas d'émission. Cette information a été donnée par Pavel Cyrani, vice-président du conseil d'administration de CEZ, lors de l'assemblée générale de la société qui s'est tenue le 23 juin 2025 à Prague.

Selon les estimations actuelles, la production d'électricité à partir du charbon pourrait cesser d'être économiquement viable vers 2028, mais cette date n'est pas fixe et pourrait changer en fonction des conditions du marché.

CEZ, le plus grand producteur d'électricité de la République tchèque, subit depuis longtemps des pressions pour réduire son empreinte carbone et passer à des sources d'énergie plus durables. Les centrales électriques au charbon, qui représentent une part importante du bouquet énergétique de l'entreprise, produisent des quantités considérables de CO2. Selon le site web de CEZ, l'entreprise s'est engagée à éliminer progressivement les centrales au charbon, conformément aux objectifs européens de neutralité carbone d'ici à 2050.

Dans le passé, CEZ a investi dans la modernisation de ses centrales au charbon afin de réduire les émissions, par exemple en installant des équipements de désulfuration et d'autres technologies. Néanmoins, l'avenir de ces sources est incertain en raison de la hausse des prix des quotas d'émission et de la concurrence des sources renouvelables.

M. Cyrani a souligné lors de l'assemblée générale annuelle que les décisions relatives à la mise hors service des centrales au charbon ne sont pas liées à un calendrier fixe, mais aux réalités économiques. Les prix des quotas d'émission, qui, dans le SCEQE (système d'échange de quotas d'émission), sont basés sur l'offre et la demande, ont un impact majeur sur les coûts d'exploitation des centrales électriques au charbon. En 2024, les prix des quotas varient entre 60 et 100 euros par tonne de CO2ce qui augmente considérablement le coût de la production d'électricité à partir du charbon.

Dans le même temps, la part croissante des énergies renouvelables, telles que l'énergie éolienne et solaire, fait baisser les prix de l'électricité en bourse, ce qui aggrave encore la compétitivité du charbon.

Cyrani estime que 2028 pourrait être le point de basculement à partir duquel l'exploitation des centrales électriques au charbon ne sera plus viable. Toutefois, cette estimation n'est pas définitive car le marché de l'énergie est très volatile. Par exemple, des fluctuations inattendues des prix du gaz naturel ou des événements géopolitiques pourraient affecter le marché de l'énergie et repousser cette date.

Stratégie ČEZ et passage à d'autres sources

CEZ travaille depuis longtemps à la diversification de son portefeuille énergétique. Selon son rapport annuel 2024, l'entreprise investit dans le développement de sources renouvelables telles que les parcs éoliens et solaires, tout en prévoyant de construire de nouvelles centrales électriques au gaz dont les émissions sont inférieures à celles des centrales au charbon.

Conformément au concept énergétique national de la République tchèque, qui prévoit l'élimination progressive du charbon d'ici 2033, CEZ étudie également la possibilité d'utiliser la biomasse et d'autres combustibles alternatifs dans certaines de ses centrales électriques au charbon.

Un autre élément clé de la stratégie est le développement de l'énergie nucléaire. CEZ prévoit de construire de nouvelles unités à la centrale nucléaire de Dukovany, ce qui devrait garantir une source d'énergie stable et à faibles émissions après 2035. Cette étape est considérée comme cruciale pour assurer l'autosuffisance énergétique de la République tchèque après l'abandon progressif du charbon.

Lors de l'assemblée générale annuelle de CEZ, la question des centrales électriques au charbon a suscité un vif intérêt de la part des actionnaires qui souhaitent savoir comment l'entreprise réagira à l'évolution rapide des conditions du marché. Selon un message publié sur la plateforme X par le compte, certains actionnaires se sont inquiétés de l'impact d'un déclin trop rapide du charbon sur les résultats financiers de l'entreprise. D'autre part, des organisations environnementales telles que Greenpeace CR font pression pour un abandon plus rapide du charbon et ont critiqué CEZ pour son approche hésitante.

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