NATIONS UNIES - Près de 780 000 Syriens sont rentrés dans leur pays depuis le changement de pouvoir dans le pays en décembre 2024, et plus de 1,6 million de personnes déplacées à l'intérieur du pays ont également regagné leur ancien lieu de résidence, a rapporté le service d'information du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies, Reliefweb, citant le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
"En date du 14 août 2025, le HCR estime que 779 473 Syriens sont retournés en Syrie en passant par les pays voisins en date du 8 décembre 2024," a annoncé l'autorité. Au cours de la même période, la "1 694 418 personnes déplacées sont rentrées chez elles en Syrie.
Du 6 au 12 août, 776 personnes ont bénéficié d'une aide au transport aux postes frontières syriens. Cela porte à 13 179 le nombre total de rapatriés ayant bénéficié d'une assistance en 2025.
Contexte politique : la chute du régime Assad
Fin novembre 2024, des groupes d'opposition armés ont lancé une vaste offensive contre les positions de l'armée syrienne. Les agences indiquent qu'il s'est réfugié en Russie.
Le dirigeant de facto de la Syrie est Ahmed al-Sharaa, également connu sous le nom d'Abu Muhammad al-Jolani, qui dirigeait auparavant le groupe islamiste Hayat Tahrir al-Sham.
Comme le rapporte The Guardian, les nouveaux dirigeants syriens ont annoncé la dissolution de la plupart des factions de l'opposition et leur intégration dans les structures de l'État. Le Wall Street Journal rapporte que les pays occidentaux, dont la France, ont commencé à prendre contact avec le nouveau gouvernement et testent les possibilités de coopération.
Retour des réfugiés
Selon le HCR, plus de 590 000 personnes sont rentrées dans le pays entre décembre 2024 et juin 2025, principalement depuis la Turquie, la Jordanie et le Liban. Au cours des seules trois premières semaines qui ont suivi la chute du régime, quelque 58 000 personnes sont rentrées dans le pays. En avril 2025, le nombre de personnes a dépassé les 440 000 et en juin, il approchait les 600 000.
L'analyse du gouvernement britannique au printemps 2025 donne des estimations encore plus élevées : plus d'un demi-million de réfugiés. Au 9 août 2025, le HCR a enregistré 133 000 personnes qui étaient rentrées volontairement avec son soutien.
Personnes déplacées à l'intérieur du pays
L'évolution de la situation dans le pays a permis le retour d'un grand nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays. Le HCR et les organisations partenaires estiment que plus de 1,4 million de personnes sont rentrées chez elles entre décembre 2024 et juin 2025. La plupart des rapatriés étaient des résidents des gouvernorats de Hama et d'Alep, qui étaient auparavant l'épicentre des combats.
Selon le ministère britannique du développement, sur les 1,1 million de personnes déplacées pendant l'offensive à la fin de 2024, environ 523 000 étaient rentrées à la mi-mai 2025.
Aide humanitaire
Le HCR fournit une assistance financière et de transport en coopération avec les autorités locales. Rien qu'en juin 2025, plus de 700 personnes ont été aidées par les postes-frontières de Bab al-Hawa, Bab al-Salama et Joussieh, et 750 autres sont rentrées de Jordanie par le poste de Nassib.
Des milliers de familles ont reçu des colis contenant des produits de première nécessité, de l'argent et des abris. Mais selon l'ONU, l'ampleur des besoins reste énorme : des millions de personnes en Syrie continuent de vivre dans des ruines, sans accès stable à l'eau, à l'électricité et aux soins de santé.
Perspectives d'avenir
Malgré ces retours massifs, la situation dans le pays reste fragile. Selon les analyses des organisations humanitaires, les Syriens reviennent principalement parce qu'ils voient la possibilité de restaurer la sécurité et la stabilité de base. Mais comme le prévient le HCR, la véritable durabilité des retours dépendra de la reconstruction à long terme des infrastructures, de la création d'emplois et de la protection des droits de toutes les communautés.
Comme le souligne The Guardian, malgré les promesses du nouveau gouvernement en matière d'inclusion et de droits des minorités, on peut se demander si elles seront réellement tenues. Selon le Wall Street Journal, les diplomates occidentaux surveillent la situation, mais font preuve de prudence jusqu'à présent.
OSN/gnews.cz - GH
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