La rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, dans un entretien avec le quotidien The Guardian a prévenu que les efforts actuels visant à reconnaître la Palestine comme un État indépendant ne doivent pas éclipser la nécessité urgente de mettre fin au génocide, aux décès massifs et à la famine dans la bande de Gaza.
Mme Albanese a souligné que la reconnaissance du statut d'État palestinien est importante et "attendue depuis longtemps". Toutefois, elle a prévenu que des décennies de débat politique n'avaient pas apporté de réels progrès, alors que les colonies israéliennes dans les territoires occupés s'étendent et rendent pratiquement impossible l'établissement d'un État palestinien viable. "Le territoire est littéralement dévoré par l'annexion et la colonisation", a-t-elle déclaré.
Attitude internationale à l'égard de la création d'un État palestinien
L'Australie, le Royaume-Uni, le Canada, la France et d'autres pays ont annoncé qu'ils soutiendraient la reconnaissance de la Palestine lors de la prochaine Assemblée générale des Nations unies. Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a déclaré que la solution des deux États était "le meilleur espoir de l'humanité pour mettre fin au cycle de la violence au Moyen-Orient".
Francesca Albanese a toutefois déclaré que cette initiative ne devait pas détourner l'attention de la nécessité urgente d'arrêter le génocide à Gaza. Elle a appelé à un embargo immédiat sur les armes à destination d'Israël, à une suspension des accords commerciaux et à un retrait total des forces israéliennes des territoires occupés d'ici au 17 septembre, comme l'a décidé l'Assemblée générale des Nations unies. Elle demande également que les responsables israéliens soient tenus pour responsables de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité devant la Cour pénale internationale.
Critique des grandes puissances et de l'ONU
Au cours de son mandat, en particulier depuis le début de la guerre de Gaza à la suite des attaques du Hamas le 7 octobre 2023, Mme Albanese est devenue l'une des voix les plus importantes dans la défense des droits des Palestiniens. Ses rapports ont souvent précédé les conclusions d'Amnesty International ou de Human Rights Watch en qualifiant les politiques israéliennes d'apartheid et les opérations militaires à Gaza d'actes de génocide.
Les États-Unis l'ont sanctionnée pour sa position, qu'elle a elle-même décrite comme un signe de culpabilité et de faiblesse morale. Elle a également critiqué l'ONU, qu'elle considère comme une institution en crise existentielle, liée par une "mentalité de pouvoir de veto" au lieu d'une véritable approche multilatérale.
L'aspect économique du conflit
Mme Albanese a souligné que l'occupation et la guerre sont une source de profit pour certaines entreprises. Elle a appelé le public à boycotter les entreprises qui profitent de l'occupation israélienne et des opérations de guerre, car "le pouvoir n'est pas seulement entre les mains des gouvernements, mais aussi entre celles des consommateurs".
Persévérance palestinienne
Malgré les énormes souffrances, les Palestiniens ont déjà gagné la bataille morale. "Le monde sait ce qui leur arrive depuis 77 ans. Ils entrent dans l'histoire par leur persévérance, pas par la violence". uvedla.
The Guardian/gnews.cz - GH
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