DOHA/TEL AVIV/TEHRAN - L'armée de l'air israélienne a lancé une opération sans précédent contre les dirigeants du Hamas en territoire qatari. Quinze avions de chasse israéliens ont largué dix bombes en plusieurs vagues sur des cibles dans la capitale qatarie Doha, et une cible spécifique a été touchée, selon la radio de l'armée israélienne. Les avions sont rentrés sains et saufs à leur base après s'être ravitaillés en vol.

Selon l'agence AP et d'autres médias, l'attentat a frappé le bureau de l'aile politique du Hamas. La victime était le chef de la direction politique et le négociateur en chef. Chalíl Hajjá ainsi que plusieurs autres personnalités du mouvement. Toutefois, des sources du Hamas ont affirmé par la suite que leur équipe de négociation avait survécu à l'opération.

L'attaque a eu lieu alors que le Hamas négociait à Doha, avec le Qatar comme médiateur, une proposition de cessez-le-feu soutenue par les États-Unis. L'attaque a donc mis en péril les efforts diplomatiques déployés précédemment pour mettre fin aux combats. Selon le Guardian britannique, il s'agit également de représailles à la récente attaque à Jérusalem, au cours de laquelle six civils israéliens ont été tués.

Le Qatar, qui joue depuis longtemps le rôle de médiateur entre Israël et les Palestiniens, a qualifié la frappe aérienne israélienne de violation flagrante du droit international et une "lâche attaque criminelle" contre sa souveraineté. Le gouvernement a également prévenu que la menace pesant sur les civils dans la ville de Doha, densément peuplée, était inacceptable.

Izraelský premiér Benjamin Netanjahu a souligné dans une déclaration officielle qu'il s'agissait d'une opération israélienne totalement indépendante : "Israël l'a initiée, l'a menée à bien et en porte l'entière responsabilité". Il a précisé que l'action était dirigée contre "les principaux commandants terroristes du Hamas".

Porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères Esmáíl Bagháí označil útok za une violation flagrante de la Charte des Nations unies et a appelé la communauté internationale à s'opposer à la politique d'Israël, qui, selon lui, ignore le droit international, tant dans la bande de Gaza qu'au Moyen-Orient en général. D'autres États arabes, dont les Émirats arabes unis, ont également exprimé leur condamnation.

Selon certaines sources diplomatiques, Washington a été informé à l'avance de cette action, mais le gouvernement américain n'a pas officiellement confirmé ce fait. C'est la première fois qu'Israël mène une intervention militaire sur le territoire du Qatar, proche allié des États-Unis. Elle représente une expansion majeure des opérations israéliennes qui ont jusqu'à présent visé des cibles en Syrie, au Liban, en Iran et au Yémen.

Cet événement a immédiatement fait craindre un échec des négociations en cours sur le cessez-le-feu et menacé d'une nouvelle escalade du conflit, qui pourrait s'étendre au-delà des zones traditionnelles de combat.

gnews.cz - GH